Pourquoi faut-il manger des algues ?

Pourquoi faut-il manger des algues ?

par Nandini

Bien avant mon installation à la Trinité, je mangeais déjà des algues que je commandais sur le site de Scarlett le Corre, entre autres. En effet, c’est en étudiant de quelle façon je pouvais subvenir à mes besoins en vitamines et minéraux — qui augmentent avec l’âge et l’activité sportive —, sans passer par les compléments alimentaires ni par de grandes quantités de fruits secs ou de légumineuses très caloriques, ni par la multitude de « produits exotiques », chers et couteux en dépense carbone que l’on nous propose en abondance dans les magasins bio ou autres, que je me suis intéressée aux algues. Et ce, d’autant plus, que j’habite désormais entre Paris et la Trinité-sur-mer.

 

Nos besoins

Rappelons que pour être en forme et rester en bonne santé, il est important d’absorber au quotidien un taux suffisant de vitamines, minéraux et oligo-éléments. En effet, ces micro nutriments exercent des fonctions primordiales dans notre corps, tant au niveau du métabolisme énergétique que de la structure même de l’organisme.
De plus, les propriétés antioxydantes de certains d’entre eux contribuent à nous protéger des dommages liés aux radicaux libres et au stress oxydatif et, par là-même, à prévenir bon nombre de maladies cardiovasculaires ou dégénératives, ainsi que certains cancers.
Pour en savoir plus sur le rôle des vitamines et des différents minéraux et oligo-éléments, lisez cet article sur la nutrition : https://www.nutriting.com/comprendre-la-nutrition/

Une alimentation dénaturée…

Or, quand l’on sait que les fruits et légumes ont perdu beaucoup de leurs qualités nutritives au cours de ces 50 dernières années, que même les aliments bio n’ont pas les qualités nutritionnelles de ceux d’antan (surtout ceux cultivés hors-sol), l’on doit se poser la question de savoir si notre alimentation couvre bien nos besoins quotidiens.
Au global, en six décennies, les fruits et légumes ont perdu 16 % en calcium, 27 % en vitamine C et 48 % en fer ! C’est en croisant les chiffres d’une table de composition des aliments vieille de 60 ans avec la table de composition des aliments gérée par l’Anses, que l’émission Cash investigation est parvenue à ces conclusions (émission du 18 juin 2019).
La qualité nutritionnelle a fortement baissé à cause de nombreux facteurs, tels que :

  • les traitements industriels : la très grande majorité des aliments consommés dans nos sociétés modernes passent par ce type de traitements (pré-découpage, prélavage, pré-cuisson, ionisation, pasteurisation, etc.), qui contribuent inévitablement à diminuer les teneurs en micronutriments.
  • L’agriculture intensive : elle est responsable d’un appauvrissement des sols en nutriments, qui ne peuvent donc plus se retrouver dans les plantes.
  • Les additifs et les polluants : ils réduisent eux aussi les taux d’antioxydants.

(source : www.nutriting.com)

Conclusion : pour rester en bonne forme, il nous faut donc être vigilant quant à nos choix alimentaires et les compléter par d’éventuels apports extérieurs.
Nota : pensez à faire régulièrement un bilan sanguin pour savoir si vous avez des carences ou pas.

Les compléments alimentaires

Je ne suis pas adepte des compléments alimentaires sur le long terme. Non seulement ils sont chers, mais de plus, l’on ne connait pas toujours la qualité des ingrédients, ni surtout quelle dose l’on doit ingérer. Rappelons qu’un surdosage peut être aussi nocive qu’un sous-dosage. Vous remarquerez d’ailleurs que les distributeurs insistent particulièrement sur les effets bénéfiques mais ne font jamais allusion aux risques liés à l’emploi abusif de ces compléments…

Par exemple, un déficit en oligoéléments (fer, iode, cuivre,manganèse, mobylène, sélénium, zinc et fluor) peut avoir des conséquences gravissimes voire mortelles, mais une dose trop élevée peut entraîner des effets toxiques.

L’on sait que les fruits secs sont d’excellentes sources de vitamines et minéraux. L’inconvénient, c’est qu’ils sont assez chers et surtout très caloriques ! À consommer donc avec modération.

Les algues, championnes toutes catégories des nutriments !

Non seulement, elles sont pauvres en calories, mais elles contiennent vitamines et minéraux à profusion. Les scientifiques ont vérifié la présence de plus de quarante sortes de minéraux dans certaines algues ! D’ailleurs, les astronautes de la Nasa en consomment régulièrement lors de leurs séjours spatiaux afin de pallier les risques de décalcification. De plus, pour les végétariens, certaines comme le haricot de mer sont riches en protéines, ce qui permet de modérer la consommation de soja. Elles sont aussi appréciées pour leurs propriétés anti bactériennes, anticoagulantes, antivirales et anti-inflammatoires.
Les plus utilisées sont actuellement les algues brunes de fond, les fucus et les laminaires, à la fois les plus grandes et les plus chargées en oligo-éléments et vitamines. C’est dans le protoplasme de chaque cellule que les algues renferment leurs principes actifs. Leur broyage permet de les libérer afin d’en récolter les éléments minéraux que sont l’iode, le calcium, le cuivre, le phosphore, le potassium, le magnésium, le zinc, le cobalt, le fer et le fluor.
Principal fournisseur de l’oxygène de l’atmosphère terrestre, les algues se comptent en milliers d’espèces. La France, septième producteur mondial avec environ 500 000 tonnes en provenance majoritaire des côtes bretonnes, en a dénombré 1 200 espèces en Bretagne, et en commercialise actuellement une quinzaine. Mais il en existe bien d’autres consommées partout dans le monde, notamment au Japon.

L’iode, un nutriment indispensable à notre santé

« Crétin des Alpes » ! Cette injure a longtemps désigné des populations suisses souffrant de carences en iode avec, comme conséquence, des retards intellectuels, une petite taille, un goitre, problèmes de surdité, etc. Les sources d’iode ne sont pas très nombreuses dans l’alimentation : c’est pourquoi il faut être vigilant et manger varié, car l’iode limite les coups de fatigue et les troubles liés à l’hypothyroïdie. Or, de nos jours, avec la diminution du sel dans notre alimentation, on peut être à nouveau exposé à une carence en iode ! — notamment chez la femme enceinte dont les besoins en iode sont accrus pendant la grossesse. À part les algues, les végétaux sont pauvres en iode : donc, pour ceux qui consomment pas ou peu de produits animaliers, elles demeurent une excellente source d’iode.

 

Vertes, brunes ou rouges, à chacune ses propriétés

Voici quelques exemples des propriétés des algues les plus courantes sur nos côtes :

L’ulve ou laitue de mer est très riche en fer et en calcium, riche en protéines, manganèse et Vitamine C.

Le fucus vesiculus est riche en mg et en protéines, en Vitamine A, en iode (teneur modérée), en brome et en phosphore.

« Les cheveux de mer » sont très riches en fer et en calcium et riches en protéines.

La dulse est riche en protéines, Vitamine A et en phosphore.

Le haricot de mer ou spagetthi de mer est riche en vitamine C.

Le kombu breton est riche en iode, zinc, et fer.

La Nori est riche en calcium, en protéines, en Vitamines A, B1, B2*, B6, B12 et C, en niacine, zinc, fer et taurine.

Nota : cet apport de Vitamine B12 de la Nori  est très interessant, notamment pour les végétariens, car cette vitamine indispensable au bon fonctionnement du corps humain et que l’on ne sait pas fabriquer,  ne se trouve normalement que dans les produits animaliers.

Comment se les procurer ?

Si vous avez la chance d’habiter près de la mer, vous pouvez facilement faire votre cueillette régulière d’algues. À savoir, ne ramassez que les algues qui sont accrochées aux rochers ; découpez juste la quantité nécessaire afin que l’algue puisse continuer de pousser ; si vous ne les faites pas sécher, consommez-les sous les 24 heures, car les algues se détériorent rapidement et perdent donc leurs qualités nutritionnelles.

nota : contrairement aux champignons, aucune algue n’est nocive pour la santé humaine ! Au début, je recommande de les faire blanchir à l’eau bouillante et d’en manger en toute petite quantité pour habituer l’organisme. Par la suite, vous pouvez les consommer crues et en consommer davantage. Certaines, comme le kumbu breton, contiennent beaucoup d’iode et sont donc à consommer avec parcimonie et déconseiller aux personnes allergiques.

Autrement, vous trouverez sur Internet de nombreux sites bretons qui vendent des algues fraiches conservées dans du sel. Mon préféré est le site de Scarlett Lecorre, une algocultrice du pays Bigouden qui cultive, récolte et conditionne elle-même ses algues : https://www.alguerie.com/.

NandiniYoga propose tout au long de l’année des sorties  » découverte des algues » et des retraites dans la région de Carnac et la Trinité/sur-Mer.

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