Equilibres, un pont entre terre et ciel

À la découverte de son corps avec les postures d’équilibre


kakasana

Une posture, quelle soit debout ou assise, est toujours ancrée dans le sol. Il convient donc de prendre conscience du premier socle d’appui (en général les pieds, comme dans vrikshasana (l’arbre) ou les mains comme dans kakasana, le corbeau.

S’ancrer dans le sol par toute la surface des pieds et des mains, orteils et doigts bien écartés. Bien appuyer notamment le gros orteil qui a tendance à se soulever et de nous priver de la force musculaire de la face interne de la jambe et de l’index pour les mains. Aspirer le sol par la plante ou la paume pour se propulser vers le sol.

nota : pour les poignets fragiles, on peut arrondir la paume des mains. Prendre conscience du rôle de la pulpe des doigts pour l’ancrage au sol.

Dans les postures debout, la jambe d’appui est comme une tige qui jaillit du sol, la rotule bien montée, sans toutefois bloquer l’articulation du genou, afin de permettre les micro-oscillations souvent nécessaitres à la tenue d’une posture d’équilibre (voir plus loin les capteurs internes).

Une fois que ce premier socle est solide, il faut porter beaucoup d’attention au bassin, le deuxième socle du corps humain, lieu de forces divergentes mais complémentaires à la stabilité de la posture.

Quelque soit la position, il y a toujours une première ligne de force qui tire vers le sol, à savoir le sacrum. Imaginez une troisième jambe qui partirait du sacrum et qui viendrait prendre appui (prendre racine) dans le sol. Le simple fait d’imaginer et de visualiser cette « troisème jambe » permet de mieux placer le bassin, de re-monter le caisson abdominal et thoracique et de mieux positionner et ressentir l’axe vertébral. Cette ligne de force se prolonge avec les omoplates et les épaules qui tombent littéralement dans le bassin.

D’ailleurs, je conseille de ressentir cette troisième jambe en tirant le sacrum vers le sol (sans engager les muscles fessiers) le plus souvent dans la journée afin d’étirer  tout le dos — notamment la partie lombaire.

En complément (en contrepoids) de cette ligne de force, une deuxième ligne de force s’élance vers le sol. Elle prend racine dans le plancher pelvien, s’arqueboute contre la colonne (bien visualiser que les arêtes des vertèbres sont tournées vers l’intérieur du corps) jusqu’au sommet du crâne, qui lui repousse le ciel. Pour cette érection vers le ciel,les bandhas jouent un rôle important.

  • Mula Bandha, en mobilisant le périnée, va nous permettre de consolider le fondement de cette colonne interne.
  • Uddiyana Bandha, en mobilisant nos abdos profonds et en tirant le nombril vers la colonne, va nous permettre de nous servir, entre autre, au mieux de l’appui sur la colonne vertébrale.

De plus, la position de la tête est primordiale, afin de ne pas casser cette ligne de force. C’est dans l’oreille interne que se joue aussi l’équilibre. Sans rentrer dans des considérations anatomiques, il faut savoir que dès que la tête bouge, des informations sont envoyées au cerveau qui le renseignent sur notre position dans l’espace. Si la tête est mal positionnée dans une posture d’équilibre, vous ne la tiendrez pas, même une posture comme l’arbre. Encore plus difficile, les postures d’équilibre sur le côté, où l’on a tendance à regarder vers le sol et donc d’avancer la tête.
Pour aligner la tête, il faut regarder droit devant soi et reculer le menton afin d’aligner la nuque. On peut aussi pour les plus avancés, fixer le bout de son nez comme en Iyengar Yoga, ce qui aide aussi à la concentration.

Et enfin, comme pour toute posture, la respiration est capitale. Une respiration oppressée démontre que la posture n’est pas maitrisée et que le travail se fait en force. Il faut adopter une respiration paisible, d’une d’ampleur modérée, afin de conserver la mobilisation des abdos et du périnée.

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