La tenue des postures

Exécuter une posture apporte souplesse et détente, la tenir au moins trois minutes multiplie ses bénéfices autant sur le plan physique que mental.

Dhurasana ou l’arc

Parfois, certaines personnes me disent que le yoga ne « muscle » pas. Je leur montre Dhanurasana (l’arc) et je leur conseille de pratiquer cette posture pendant seulement trois minutes tous les jours et de tâter leurs fessiers à la fin de la semaine !

Bhujangasana ou le cobra

 

Même un « simple » Bhujangasana (le cobra) quand il est bien exécuté et tenu développe la force musculaire des bras et des muscles para-vertébraux.
D’autres disciplines ont choisi la répétition, le Hatha yoga a choisi la tenue des postures pour développer force et souplesse en ciblant les muscles posturaux (ou musculature profonde).
Une voie royale qui conduit inévitablement au fameux « lacher-prise ».

En effet, des mouvements rapides ne permettent pas d’accéder à cet état de relâcher où les résistances s’évanouissent et où l’on peut apprivoiser l’inconfort de la posture. C’est en donnant le temps au corps de s’acclimater, aux fibres musculaires de se délier, à la respiration de s’installer que l’on peut petit à petit, avec l’aide de cette dernière, surmonter les obstacles.

Halasana ou la charrue

Comme toujours dans le yoga, le mental est complètement lié à cette démarche. Supporter et dépasser l’inconfort de la posture, comme dans Halasana (la charrue) qui est souvent une véritable épreuve pour beaucoup de débutants (et autres !), demande un acte conscient de la volonté.

Bien sûr, si la douleur est trop intense, notamment au niveau articulaire, il faut arrêter de suite et essayer de cerner la source et la cause des blocages.

Non, je parle ici d’inconfort et non de douleur. Tout ceci est subjectif, me direz-vous, et notre zone de tolérance à l’inconfort est différente pour chacun d’entre nous.
C’est vrai, mais avec l’expérience, cette fameuse zone s’accroit et ce qui était intolérable au départ devient supportable, non seulement parce-que le corps s’assouplit, mais aussi parce-que notre mental accepte mieux cet état de fait, en sachant qu’il va y trouver, au final, un certain apaisement et même de la joie.
Or, cette notion d’acceptation nous pouvons la transposer dans notre vie quotidienne. Par peur, certaines personnes ne quittent jamais leurs « zones de confort mental » et restent prisonniers de leurs cocons familiers, fuyant l’inconnu et redoutant la nouveauté. Mais nous traversons tous des zones perturbées au cours de notre existence. Savoir les endurer avec calme est l’une des clefs de la réussite.
Ainsi, en développant notre pratique et en mettant l’accent sur la tenue des postures, nous renforçons notre mental et, de ce fait, notre résistance aux aléas de la vie. De plus, nous acceptons aussi plus facilement de prendre des risques et de s’aventurer en terrain inconnu — comme changer de parcours professionnel par exemple — avec souvent de belles surprises au bout du chemin.

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